Après une première démarche engagée depuis un an en chirurgie ambulatoire adulte autour de l’antalgie péri-opératoire par voie orale, le Centre Hospitalier de Mâcon souhaite aujourd’hui aller plus loin :
questionner le recours à la voie intraveineuse à l’échelle de l’établissement chaque fois qu’une alternative orale présente une efficacité comparable et que la situation clinique du patient le permet.
Une démarche initiée en chirurgie ambulatoire
Au Centre Hospitalier de Mâcon, cette réflexion a débuté concrètement en janvier 2026 en chirurgie ambulatoire adulte par le Docteure Floriane Bethenod, Anesthésiste-réanimateur, les équipes du bloc, salle de réveil et chirurgie ambulatoire. A l’issu de ce travail, un protocole d’antalgie per-opératoire a été mise en place afin de privilégier la voie orale lorsque celle-ci est adaptée à la situation du patient.
Les antalgiques peuvent ainsi être administrés par voie orale plutôt que systématiquement par voie intraveineuse.
Cette première évolution des pratiques a constitué une porte d’entrée vers une réflexion plus large sur la pertinence de la voie d’administration des médicaments.
Car la voie intraveineuse est indispensable dans de nombreuses situations, mais elle ne l’est pas systématiquement pour tous les médicaments ou pendant toute la durée d’un traitement.
💊De l’antalgie à une réflexion sur 22 médicaments
Cette réflexion rejoint les travaux engagés par les Hospices Civils de Lyon (HCL) dans le cadre de leur programme EPEE – Efficience, Pertinence, Éco-Engagement et de la campagne
« Moins d’IV, on y va ? ».
Cette démarche scientifique porté par les HCL a permis d’identifier 22 médicaments présentant une efficacité comparable par voie orale et par voie intraveineuse. La liste comprend notamment certains antibiotiques, antalgiques ainsi que des traitements digestifs ou neurologiques.
Cette approche invite à développer un réflexe simple : lorsque les deux voies présentent une efficacité comparable et que l’état du patient le permet, la voie intraveineuse est-elle réellement nécessaire ?
🚀Aujourd’hui, changer d’échelle
Après cette première expérience en chirurgie ambulatoire, le Centre Hospitalier de Mâcon souhaite désormais étendre cette réflexion à l’ensemble de ses prises en charge.
L’objectif n’est évidemment pas de supprimer la voie intraveineuse, qui reste indispensable dans de nombreuses situations.
Il s’agit de développer une culture de la pertinence des soins : choisir la voie d’administration la plus adaptée au patient et à sa situation clinique, tout en prenant en compte les ressources nécessaires à sa prise en charge.
Cette démarche est portée dans le cadre des travaux du groupe Éco-conception des soins du Comité de Pilotage Transition Écologique en Santé (COPIL TES) du Centre Hospitalier de Mâcon.
🌱 Un même changement de pratique, plusieurs bénéfices
Lorsque la voie orale est cliniquement pertinente, plusieurs bénéfices peuvent être associés à cette évolution des pratiques.
❤️ Pour le patient, elle permet de conserver une prise en charge efficace et sûre tout en évitant une voie veineuse lorsqu’elle n’est pas nécessaire. Les études mettent également en avant une diminution de la douleur liée aux dispositifs intraveineux et du risque infectieux.
🧑⚕️Pour les professionnels, l’administration orale peut simplifier certaines étapes de préparation et d’administration et contribuer à libérer du temps soignant.
🏥Pour l’établissement, elle peut réduire le coût de certains médicaments ainsi que celui des dispositifs nécessaires à leur administration.
♻️ Pour les déchets, éviter une administration intraveineuse permet également d’éviter, l’utilisation de nombreux dispositifs à usage unique comme les poches de perfusion, tubulures, seringues…
🌍Pour l’environnement, enfin, la réduction des médicaments, consommables et dispositifs mobilisés contribue à diminuer nettement l’empreinte environnementale des soins.
📊 Le paracétamol :
L’exemple du paracétamol permet d’illustrer concrètement les différences d’impact environnemental selon la voie d’administration :
1 comprimé : 38 gCO₂e 🆚 Forme intraveineuse : 310 à 628 gCO₂e
Selon les situations et les formes comparées, le recours à la voie orale peut ainsi permettre une réduction de 75% à 95 % des émissions de gaz à effet de serre associées au traitement.
Au-delà de l’empreinte carbone du médicament lui-même, l’administration intraveineuse nécessite également différents dispositifs et consommables, qui génèrent à leur tour des déchets.
Une démarche qui reste avant tout clinique
Le choix dépend du médicament concerné, de son indication, de ses caractéristiques pharmacologiques, de l’état clinique du patient et de sa capacité à recevoir le traitement par voie orale.
❤️La qualité, l’efficacité et la sécurité de la prise en charge restent les premiers critères de décision.
La transition écologique vient ici accompagner une démarche de pertinence des soins : lorsque plusieurs solutions permettent d’atteindre le même objectif thérapeutique, leurs impacts organisationnels, économiques et environnementaux peuvent également être intégrés dans la réflexion.
🌿De la pertinence des soins à l’éco-conception
Une démarche qui illustre concrètement l’éco-conception des soins : maintenir la qualité et la sécurité de la prise en charge tout en
utilisant de manière plus pertinente les médicaments, les dispositifs, le temps des professionnels et les ressources de l’hôpital.
Le Centre Hospitalier de Mâcon remercie les Hospices Civils de Lyon, ainsi que le Dr Carole Paillet, cheffe adjointe du Pôle pharmaceutique des HCL, pour le partage de leurs travaux.
