Les 29 et 30 mai derniers, l’Hôpital de Mâcon a accueilli les Journées de printemps de la Société Française de Psychopathologie de l’Expression et d’Art-Thérapie (SFPE-AT), autour d’un thème à la fois intime et universel : « Les solitudes ».
« Il n’existe pas une solitude, mais des solitudes. » C’est autour de cette idée que se sont réunis professionnels du soin, artistes, thérapeutes, chercheurs et participants durant deux journées de réflexion et de partage.
Cette thématique est née d’une évidence clinique : la solitude est souvent présente dans les récits des patients accompagnés en art-thérapie. Elle peut être une souffrance, liée à la maladie, au traumatisme, à l’exil, au vieillissement ou à l’abandon. Mais elle peut aussi devenir un espace de protection, de création et de pensée, comme un temps parfois nécessaire à la rencontre.
À travers les différentes interventions, les participants ont exploré les multiples visages de la solitude : celle du voyageur contemplant l’horizon, de l’artiste face à son œuvre, de l’écrivain dans son monde intérieur, mais aussi celle vécue dans les espaces de soin. Peinture, écriture, musique, voix, poésie, photographie ou encore témoignages cliniques ont permis d’interroger la manière dont la création peut ouvrir un passage là où les mots manquent parfois.
Ces journées ont également été l’occasion de rappeler que la solitude n’est pas toujours synonyme d’isolement. Comme le soulignait Donald Winnicott, la capacité à être seul se construit aussi grâce à une présence suffisamment sécurisante de l’autre.
Dans les pratiques de soin, cette question prend tout son sens : comment accompagner une personne sans envahir son espace intérieur ? Comment permettre qu’un lien puisse se créer à son rythme ?
Les échanges ont mis en lumière l’importance du cadre, de la répétition, du groupe et de la médiation artistique pour favoriser un sentiment de sécurité et permettre à chacun de retrouver une expression singulière : une voix, une forme, un rythme, une trace.
Ces journées ont été rendues possibles grâce au soutien de l’Hôpital de Mâcon. Nous remercions chaleureusement Monsieur Richard Dalmasso, directeur de l’établissement, Ariane Seigneur et Guillaume Berton, directeurs adjoints, ainsi que le Docteur Éric Delay, chef de pôle de la psychiatrie mâconnaise, Nathalie Piazza, cadre supérieure, ainsi que les cadres de proximité, pour leur confiance et leur accompagnement dans ce projet.
Nous remercions également la Société Française de Psychopathologie de l’Expression et d’Art-Thérapie de nous avoir sollicités pour accueillir ces Journées de printemps et de nous avoir accordé sa confiance.
Merci également à la Mairie de Mâcon et à Véronique Lefeuve, adjointe au maire de Mâcon en charge de la santé, pour leur soutien.
Dans le cadre de ces journées, les participants ont également pu découvrir la Biennale d’Art Naïf de Mâcon, événement culturel désormais bien ancré dans la vie mâconnaise et qui accueille, au fil des éditions, des artistes venus d’horizons variés.
Nous souhaitons remercier chaleureusement les organisateurs, l’association des Cartophiles du Mâconnais, pour leur accueil généreux et leur disponibilité. Par leur engagement, leur passion et leurs connaissances, ils ont permis aux participants de découvrir un monde merveilleux, celui des peintres naïfs.
Cette rencontre a trouvé un écho particulier avec le thème de ces Journées de printemps : l’art naïf rappelle la force de la création, la liberté de l’expression et la capacité de l’art à ouvrir des espaces de rencontre.
Enfin, merci aux intervenants, aux organisateurs, aux bénévoles et à tous les participants qui ont contribué à faire de ces journées un espace vivant de réflexion et de rencontres.
En Bourgogne, terre d’Alphonse de Lamartine, peut-être pouvons-nous repartir avec cette image : les grandes solitudes ne sont pas toujours des déserts. Elles peuvent être des paysages intérieurs que l’art, la parole et la présence de l’autre nous aident à traverser.







